Test : Vampire Survivors

Présentation

Après m’être longtemps interrogé sur ce que je pouvais faire de ce journal, faute d’avoir des annonces régulières à faire, j’ai décidé d’y migrer progressivement une série d’écrits que je proposais sur d’autres plate-formes. Par exemple, mes tests et analyses de jeu.

Commençons dès aujourd’hui par du nouveau ! « Vampire Survivors ». VS est un jeu vidéo édité par Poncle. Un seul italien. Ce jeu présenté comme un « survival game with minimalistic gameplay with rogue-lite elements ». Je vous traduis :
* Survival game : vous allez mourir à un moment, mais vous essayez de gagner le plus de temps.
* minimalistic gameplay : les règles ne seront pas compliquées. Vous n’aurez que 4 boutons à manipuler (les flèches…)
* with rogue-lite elements : vous n’aurez pas tous les contenus de suite, il faudra les débloquer (c’est l’acceptation actuelle du terme).

Dans VS, votre personnage doit survivre à des vagues de monstres, jusqu’à sa mort. Rien de bien révolutionnaire. Les shoot them up, c’est un genre bien connu pour les anciens. Rien à priori qui ne pourrait justifier le succès de ce jeu (encore en développement et déjà copié plus d’une DIZAINE DE FOIS !)

C’est que cette présentation oublie l’important : VS est un « reverse bullet hell », tout le contraire d’un jeu d’arcades des années 80-90.

Bullet Hell versus Reverse Bullet Hell !

Dans un bullet hell, le joueur doit se faufiler entre des milliers de projectiles et d’adversaires pour espérer gagner. ça tire de partout, ça clignote, ça crache de la grosse synthwave et ça va vite ! Le joueur meurt en 10 secondes et doit remettre une pièce dans la machine…

Le bullet hell, c’est le format idéal pour la salle d’arcades : un maximum d’émotions et d’adrénaline ! Exigeant. Impitoyable. Frustrant. Mais vertigineux !

Tout ce que n’est pas VS, qui ressemble plus à un pépère idlegame. Dans VS, votre personnage va gagner en puissance, il va « devenir le Bullet Hell » sur lequel les adversaires vont venir se suicider par milliers. Vous allez devenir plus fort au point même où sur certaines parties, vous pourrez aller faire la cuisine à côté (JE L’AI FAIT), votre personnage tuera tout le monde sans vous …

VS reprend les codes de l’arcane, donc, mais pour produire une expérience de jeu différente : celle de l’omnipotence. Le vertige, sans la tension. Le jeu reposant, sans avoir l’impression de jouer à un jeu de pêche …

Vampire Survivors, une arnaque ?

VS serait sans doute un très mauvais jeu d’arcade. Bien qu’il joue à 200% sur la nostalgie de l’époque (référence à Castlevania, graphisme pixellisé, gestion de collision volontairement old school …etc), VS aurait fait un très mauvais jeu en 1980-1990.

Pourtant, il faut aussi écouter les joueurs : ils s’amusent. Bien sûr qu’ils se rendent compte que le game-design est vide, que ce jeu ne sert qu’à tuer le temps en mode « feel good »/je lance 2000 haches sans me prendre la tête. Bien sûr qu’ils ont conscience des défauts de VS.

Mais VS leur coûte 2€50, il est bourré de secrets, de jeux de mots italiens pourris, il est généreux, il est sincère et on passe facilement 50 heures dessus (à l’heure où je vous écris, j’en ai 71 au compteur…), ce qui est un des meilleurs rapports qualité/prix qu’on puisse avoir.

VS répond donc quelque part à un besoin, à un désir de joueurs d’avoir de vrais jeux « casuals » qui ne soient pas des arnaques à la frustration. En effet, le système économique des jeux à micro-transactions s’est imposé dans la sphère du jeu casual, mais d’une manière parfois si indélicate qu’il gâche l’expérience du jeu (en le déséquilibrant, en cassant un moment intense, en faisant du chantage psychologique, etc etc).

VS coûte moins cher que la plupart de ces micro-transactions. Pour un jeu complet. Où vous aurez la joie d’une montée en puissance et de décimer des MILLIERS de monstres !

Conclusion

A ma première idée volée et plagiée à l’Université, un Sage parmi les Sages m’a dit pour me réconforter : « C’est ce qui arrive aux bonnes idées. »

Sur le coup, j’ai trouvé l’avis du Sage parmi les Sages très con. Mais avec le recul, il me donnait quand même un outil critique puissant : « Indépendamment de tes goûts, quand partout, des gens copient une idée, demande-toi pourquoi ».

VS est encore en Early Access mais la catégorie des Vampire-Survivors-like est déjà ENORME :

  • Boneraiser Minions,
  • Grim Horde
  • 20 Minutes until dawn
  • Hunter Survivors
  • Super Demon Survivors
  • Bounty of One
  • Spellbook Demonslayer
  • Soulstone Survivors
  • Rogue : Genesia
  • etc etc

Je n’ai pas joué à tous ces jeux mais tous explorent la formule du « reverse bullet hell », avec des variations. Ici, on utilise un double joystick pour le mouvement et diriger les tirs. Là, on peut arrêter de tirer pour se déplacer plus vite (etc)

Tous ces studios qui « pompent sur VS », bien sûr qu’ils profitent d’une mode et bien sûr qu’ils exploitent le fait qu’un VS-like peut se développer rapidement par une petite équipe. Mais ne les prenez pas pour des crevards qui copient des idées à 2€50.

Demandez-vous plutôt pourquoi. Si ces studios reprennent la formule du « reverse bullet hell », qu’est-ce que cela dit sur les attentes du joueur contemporain ? Qu’est-ce qu’ils essaient de produire ?

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